« Ce qu'on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, il faut l'écrire. »

31 juil. 2018

Vis ma vie de libre-amoureuse.

Hello du bateau !
Après quelques mois de silence suite à de nombreux changements dans mon quotidien, me voici de retour pour vous partager un nouvel article, assez personnel et beaucoup trop long (je pourrais écrire mille pages sur le sujet). Je voulais vous parler de ma définition du libre-amour. Je sais que cela en intrigue plus d'un, et je suis désormais prête à vous en parler. Alors, qu'est-ce que c'est ? Quels sont les avantages, quelles sont les limites ? Est-ce que cela me rend heureuse ? Je m'en vais vous l'écrire tout de suite, avec toute la passion dont je suis capable ♥.

NB : Quoi que vous lisiez et compreniez de mon discours, je compte sur vous pour ne pas juger ni critiquer sans savoir de quoi vous parlez. Seules les remarques et les questions m'intéressent pour un éventuel débat.

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Qu’est-ce que le libre-amour (pour moi) ?

Eh bien c’est simple : c’est ne plus construire de relations de « couple », ce qui permet d’annihiler la question de l’engagement et ses conditions inhérentes pour que « ça marche » (j’ai abordé cela dans un précédent article). Le libre-amour conjugue le bonheur d’être à deux ou plus (partage et soutien mutuel) tout en profitant de celui que l’on possède en étant célibataire (liberté et indépendance). Son autre nom serait « le célibat à mi-temps », ha ha ! Ce type d’amour permet de rester authentiques : fidèles à nous-même mais aussi à nos partenaires, comme le voudrait le polyamour* (il se distingue du libre-amour sur cette notion de contrat établi entre plusieurs amant·es qui, en somme, s’appartiennent mutuellement, à l’instar d’un couple traditionnel, et peuvent alors construire des projets durables ainsi qu’un foyer commun). Quand on se veut libre-amoureux·se, je dirais que les prérequis sont :
  • de s’aimer beaucoup soi-même et de bien se connaître,
  • avoir le sens de la responsabilité (individuelle et collective),
  • avoir un grand cœur, apaisé, pour ne pas laisser la jalousie ou le manque de confiance en soi nous ronger,
  • accepter de ne pas être le centre du monde pour quelqu’un.
Quand on est libre-amoureux·se, on n’appartient plus à personne hormis à nous-même, on est bien avec soi autant qu’on est bien avec les autres. Ça vous paraît triste ? Ça l’est si vous considérez que vivre à travers/pour les autres en vous niant vous-même est plus agréable que de vivre à votre service ET à celui des autres en même temps. Si ce n’est pas le cas, alors vous considèrerez sans doute que le libre-amour peut lui aussi être source de bonheur. Je voudrais vous parler d’abord des inconvénients du libre-amour et comment j’en suis arrivée là, mais j’ai besoin de parler de ses avantages pour que vous saisissiez bien sa nature.


Des avantages du libre-amour sauce Capitaine Blue.

Depuis que je me suis autorisée à le vivre pleinement, ma vie sentimentale ressemble à une sitcom : c’est très rigolo, je papillonne comme jamais, y a plein de péripéties, je n’ai plus aucun filtre et tout me semble plus réel, plus vivant, plus facile. Je vis l’instant présent sans me préoccuper d’autre chose que de le rendre satisfaisant et de me présenter telle que je suis : entière.
Les avantages du libre-amour pour moi sont les suivants :
  • pas de chaînes qui vous enferment et vous obligent,
  • pas de masques, pas de mensonges,
  • pas d’injonctions à devenir ce que vous n’êtes pas ou de promesses qui pourraient trahir votre essence ou celle de votre/vos partenaires,
  • pas de plans sur la comète.
Restent alors les bonheurs simples de l’amour, ceux du partage, exactement comme lorsque vous sortez entre amis le temps d’un café ou d’un mois de vacances. C’est la même chose : vous créez et aménagez des moments intimes qui vous ressemblent, avec des personnes qui sont sur la même longueur d’ondes que vous et que vous avez peu de chance de perdre de vue les années passant. Les compromis ne sont plus des batailles sanglantes, tout va de soi, tout va bien. Quand on définit mes partenaires de « sexfriends », j’ai tendance à tolérer le terme parce qu’au final, il y a clairement de cela avec eux. Rien ne les différencie de mes amis platoniques, si ce n’est ce détail, que j’associe à l’amour sous son sens strict (souvenez-vous, je disais que je faisais partie de la team « pas de relation sexuelle sans sentiment », et cela parce que je suis demisexuelle : en gros, si j’exclus les crushs/coups de foudre qui charment mes sens de façon pulsionnelle et irraisonnée ET me conduisent 9 fois sur 10 à des désastres émotionnels comme on en vit dans les amours traditionnelles, le désir sexuel vient au second plan et me permet de trouver le candidat idéal pour une relation libre-amoureuse parmi les personnes qui ont fait leurs preuves en tant qu’alliées dans ma vie. Autant dire que ça ne se trouve pas sous le pied d’un cheval !). Petite mise au point, le libre-amour n’a rien à voir avec le libertinage, qui appartient à la team « désir ≠ sentiments ». Être libre-amoureux ne signifie pas non plus quantité de relations, mais QUALITÉ de relations.


Trouver l’équilibre entre les autres et soi.

Dans une relation libre-amoureuse, il est évident que l’on se verra moins que dans le cadre d’un couple traditionnel. Pour moi, on atteint là cette harmonie dont j’ai besoin pour avoir une vie saine qui me ressemble, un juste milieu délectable dans lequel je peux exister en tant que femme indépendante (mon espace, mes passions) et en tant qu’amoureuse transie. C’est frais, c’est libre, ce n’est pas prise de tête. C’est vivre deux vies qui se complètent et aimer qu’elles s’interpénètrent de façon tout à fait sensuelle. De plus, prendre de la distance avec ses chéri·es bannit les affres de la routine, amoindrit le risque de piquer une crise sur des broutilles et instaure ce petit « manque » supportable qui réactive souvent l’intérêt que l’on porte à quelqu’un qu’on connait sur le bout des doigts. Ça rallonge clairement la durée de vie d’une relation. On ne s’arrête pas d’aimer quelqu’un du jour au lendemain, à moins de briser le lien qui nous unit de façon cruelle (mensonge, déni, irrespect par méconnaissance, sabotage…). Ainsi, on ne se doit rien si ce ne sont le respect et la sincérité (sources mêmes d’un amour durable). C’est la base de tout rapport humain digne de ce nom, mais je ne vous apprends rien.



Ce que le libre-amour va vous « empêcher » de faire (mais pas d’être). 

J’en viens aux limites d’une telle vie sentimentale, toujours en m’appuyant sur mon expérience de la chose. Vous vous en doutez, il n’existe pas de formule parfaite, seulement des formules qui vous satisferont plus ou moins selon les phases de votre longue vie. Je ne suis pas un exemple, à vous de créer une formule à votre mesure. Un seul mot d’ordre : il n’y a pas de règles si ce ne sont celles que vous vous fixez. On n’a pas tous les mêmes valeurs ;)

Déjà, on peut vite se sentir très seul·e, insatisfait·e voire inadapté·e tant il est difficile de trouver d’autres libre-amoureux·ses. Les êtres qui supportent cette liberté (synonyme de solitude quand on n’est pas au top de notre forme) et l’indépendance que cela représente, ça ne court pas les rues. Il faut aimer autant vivre seul·e que vivre accompagné·e, être heureux·se dans ces deux facettes de la vie et aimer passer de l'un à l'autre. Je pense qu'il faut avoir une bonne dose de courage ou être bien entouré quand on faiblit ou passer son chemin.

Ensuite, il faut accepter de ne rien officialiser. Le monde ne sera sans doute jamais prêt pour le libre-amour, il est vu comme une utopie par celleux croyant qu’il rejette totalement l’attachement sentimental à autrui, comme si vos partenaires étaient éphémères ou qu’on parlait de libertinage. Rejeter les étiquettes n’est pas du tout un problème pour moi : qui s’en fout que je sois l’heureuse élue de plusieurs personnes ou pas, sérieusement ? De toute façon, j'ai fait le choix de n’appartenir qu’à moi. En tant que libre-amoureuse, je ne me considère pas comme « la copine de » mais comme une personne à part entière, unique et indivisible, libre de disposer d’elle-même comme elle l’entend. Ou alors une personne multiple, ultradivisible (qui appartient un peu à tout le monde), si on considère que chaque ami est une facette de moi et moi une facette d’eux ; et non plus unique mais différente avec chacun d’eux dans l’expression de mon affection. C’est beau non ? Prenez la version que vous préférez. Exit donc les histoires de gendres qu’on présente aux parents, exit l’idée de fonder une famille « normale ». Ça ne me manque pas le moins du monde. Je préfère être vue comme la précieuse amie que je suis lors des repas de famille/entre amis que comme « la fille avec laquelle il(s) couche(nt) et puis quoi ? ». Merci bien, personne n’est concerné par qui je mets dans mon pieu et à quelle fréquence, ça me choquerait qu’on me pose la question. Le sexe a assez peu d’importance dans ma vision de l’amour, ce qui compte pour moi, c’est de savoir sur qui je peux compter et à qui donner de mon temps sans avoir l’impression de le perdre inutilement ! Ne vendez jamais votre cœur au rabais.

Ce qui m’amène à une autre limite qui pourrait poser problèmes aux libre-amoureux·ses avec moult partenaires dans le même cercle : l’organisation de l’emploi du temps pour éviter de mettre tout le monde dans la même pièce et que ce soit la gêne... Je déconne, si vous avez bien suivi, la question ne se pose pas. Il y a un temps pour la relation purement exclusive (le tête-à-tête) et un temps pour la communauté, où les manifestations passionnées me paraissent, à moi, déplacées. Je dois être un peu pudique. Inutile de se foutre la pression donc, tout ce qui importe, c’est de pouvoir prendre soin de l’autre dès que l’heure des retrouvailles sonne, comme n’importe quel·les amoureux·ses !

Bon, j'arrête de tourner autour du pot. La difficulté numéro 1 du libre-amour, son plus grand risque, celui-qui-fait-vraiment-très-mal, est le suivant : il s’agit de l'inconscience et du grand décalage des partenaires sur lesquels on jette notre dévolu. Ce qui m'a détruite à plusieurs reprises en la matière est de ne pas avoir été respectée dans mes convictions et d'avoir donné ma confiance trop vite. Je me suis de très nombreuses fois sentie trahie et inconsidérée par des hommes qui croyaient me comprendre ou être "comme moi". Des hommes qui ont fait semblant. Ces fâcheuses rencontres m'ont fait douter de moi, puis rendue très malheureuse. Pourtant, je connais ma valeur, je connais la puissance de mon cœur. Je ne souhaite pas revivre cela de sitôt, les blessures de l'amour mettent des années à guérir. Préservez-vous, vous aussi et réfléchissez bien avant de vous lancer dans le libre-amour si vous pensez qu'il vous correspond ! Car s'il ne vous correspond pas, vous blesserez immanquablement à cause de votre méconnaissance. Ne perdez jamais de vue ce que vous ressentez, ni qui vous êtes vraiment sous votre vernis social. Nous ne sommes pas toujours ce que nous croyons être, réfléchissez beaucoup à la question et agissez dans le bon sens : le vôtre.


Ce que j’y ai gagné à force de pratique.

Malgré ces inconvénients, je peux le dire : j'ai les clefs en main pour être une femme heureuse. Mon quotidien est pavé d’opportunités et ne connait plus la « routine du couple sclérosé » que j’ai pu vivre avant mes 25 ans (pauvre de moi), tout est « à venir », et tout vient « au hasard ». Je vis des choses extraordinaires autant en amour que dans les autres domaines, et chacune de mes relations a désormais ce goût d’aventure dont les capitaines telles que moi raffolent. Je me sens plus tolérante, plus ouverte à ce que je ne connais pas, plus curieuse et accomplie, plus impliquée (paradoxalement). La séduction est continuelle, l’expérience formatrice et valorisante. De plus, rien n’est jamais gagné ni absolu puisqu’il n’y a plus d’engagement vis-à-vis des autres (je ne parle pas de l’engagement inconditionnel de notre cœur, il a ses propres raisons et sa loyauté est sans égal). Cette impermanence donne de la profondeur à mes relations et permet les remises en question fréquentes pour que ça roule et que le confort persiste. Point d’engueulade à l’horizon mais de la communication perpétuelle doublé d’un respect sans limite pour l’intégrité et l’intimité de l’autre. De la douceur et rien d’autre.

J’ai trouvé mon bonheur dans ce type de relation parce que je suis faite pour, ce n’est bien sûr pas le cas de tout le monde. Certains trouvent encore le bonheur dans le mariage et la constance qu’il offre grâce à son contrat tacite, son cadre clair. À chacun de trouver sa façon d’aimer et d’être honnête avec sa petite personne. Soyez heureux et rendez les autres heureux dans votre sillage. Ne prenez pas au piège des personnes qui ne regardent pas dans la même direction que vous, il faut être catégorique avec ça pour éviter la casse. N'ayez pas peur non plus d'évoluer dans un sens ou dans l'autre, il n'y a pas de mauvais chemin pour vivre une vie en phase avec votre cœur.


Merci de m’avoir lue jusqu'au bout, matelot·es ! 
J'espère vous avoir un peu éclairé·es :)

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*Sur le polyamour, merci à Linelana pour avoir trouvé cette super vidéo !

9 sept. 2017

J'ai peur. Ou comment j'ai décidé de prendre ma vie en main.

Hello matelots !

J'ai pris conscience que depuis mon arrivée à Bordeaux et mon entrée dans la vie "adulte", ma perception de la vie est passée d'un extrême à l'autre... Gamine, j'avais des idéaux, j'avais des rêves, des espoirs et des attentes. J'étais insouciante et relativement en paix. Puis je suis fièrement partie de chez moi à 18 ans pour commencer une nouvelle vie. J'ai mis alors 7 ans à reconnaitre que je vivais depuis mon départ dans un mensonge pessimiste, que j'étais dépressive et que je ne connaissais plus le bonheur simple. J'avais pris ma vie trop au sérieux. Je voulais devenir indépendante et responsable... donc raisonnable. Ça a tué ma créativité et ma joie de vivre. Tout est devenu source de stress, de travail acharné et de souci. Je me suis mise en couple par sécurité, quelque part, je me suis installée avec chacun de mes partenaires coup sur coup, sérieusement, et j'ai vécu des ruptures dignes de divorces. Je me projetais trop loin en enchaînant mes conjoints à mes projets et en me ligotant à eux de la même manière. J'y ai perdu ma liberté et ma légèreté. Je n'ai pas vécu ma jeunesse d'adulte comme on a l'habitude de la vivre, en enchaînant soirées, études, sorties diverses, relations éphémères qui forgent le caractère et permettent de comprendre ce que l'on attend vraiment de l'amour. J'ai voulu jouer à la grande personne alors que je n'étais pas prête. Aujourd'hui, j'en ai assez de m'ennuyer dans un quotidien étriqué sans saveur si ce n'est celle d'un confort étouffant et culpabilisant. Assez de ne plus savoir rire, m'amuser, jouer, me détendre. On n'a qu'une vie jusqu'à preuve du contraire. Et je gaspillais la mienne, matelots. 
  


Le temps qui passe et le regard des autres ? Avant, ça m'importait. Mais maintenant, c'est ter-mi-né. Je ferai ce qu'il me plaît, sans pression. Jusque là, j'avais peur, peur de rater ma vie donc ma carrière, peur de paraître faible et sans intérêt, peur de me faire avoir et d'être humiliée, peur de manquer de tout. Peur de disparaître. J'ai décidé à la rentrée de tout envoyer valser. La seule peur que je ne saurais vaincre, c'est celle de mourir, pour le moment. Pour vivre avec, j'ai décidé toutefois de faire l'inverse de ces 7 dernières années, années durant lesquelles je me mettais des œillères en essayant de combler chaque minute de mon quotidien par quelque chose d'utile, paniquant quand je n'y parvenais pas : vivre l'instant présent sans me préoccuper du temps qui court. Puisque je ne peux pas l'arrêter, autant l'ignorer et juste profiter de chaque instant, tel qu'il est. C'est bien plus agréable comme ça. Je veux prendre plaisir à chaque action que je mène, à chaque choix que je prends, à chaque moment passé avec un proche aimant. Et je ne donnerai mon temps, dorénavant, qu'à ce/ceux qui compte(nt). Pourquoi s'emmerder quand on sait où l'on va finir quoi qu'il advienne, qu'on soit riche ou pauvre, intelligent ou stupide ? Faites des choses intéressantes, belles et importantes pour vous. Je me fiche bien de l'argent, de la carrière que j'aurais dû faire ou des gens qui me critiquent. Rien n'a d'importance au final, il faut en rire et faire ce qui nous ressemble. Enfin rien... Si. Les rêves en ont à mes yeux. 

Bienvenue à moi-même dans mon rêve éveillé. Bienvenue dans ma vie de rêves. *se sent l'âme créative à nouveau*  

 

6 sept. 2017

Des avantages d'un roadtrip en solitaire

Hello matelots,
Ça y est, les vacances sont terminées pour moi et une page se tourne dans ma vie. Je saute volontairement dans le vide actuellement, la chute est longue. Je ne sais pas ce que je trouverai en bas, mais j'ai bon espoir qu'il s'agisse d'un matelas de nuages cotonneux.

Pour fêter mes 25 ans, j'ai voulu faire quelque chose d'extraordinaire. Quelque chose dont je ne me sentais pas capable, pour connaître mes limites. J'ai donc décidé de faire coïncider l'amorce de ma nouvelle vie avec un événement qui cassait ma routine des 8 dernières années : un roadtrip en solitaire. 

L'objectif était de relever un défi de taille tout en voyant comment j'allais me comporter seule. Il faut savoir qu'en bon capitaine, je me suis toujours assurée d'être entourée de mon équipage, et que l'idée de ne pas avoir de copilotes m'angoisse. Mais tant qu'à faire, autant le faire à fond. J'ai donc eu l'idée de faire un tour de France pour aller voir tous ces amis que je ne vois que trop rarement. D'habitude c'est moi qui reçois, cette fois, j'ai voulu le contraire.

Croustibat en copilote

En résumé :
50h de route, 4200km, 13 jours, 25 étapes, 37 amis, 500€ de budget


J'ai commencé mon tour par le Sud.
Bordeaux > Saint-Palais (Pays Basque) > Tarbes > Aubagne (Marseille) > Six-Fours les plages (Toulon) > Valence > Semons (Terres froides) > Marnans (Terres froides) > St-Vérand (Vercors) > Annecy > Lyon > Beaumont (Clermont-Ferrand) > Bourges > Evry (Paris)  > Courtry (Paris) > Mours (Paris) > Bruxelles > Lille > Béthune > Fontenai-les-louvets (Normandie) > Fougères > Rennes > Paimpont > Joué-les-Tours > Poitiers > Château-Larcher (Poitiers).

Lundi 21 août à l'aube, j'ai donc pris mes clic et mes clac, chargé tout mon dressing dans une petite voiture qui ne consomme pas trop (merci maman) et bouclé ma ceinture après des adieux déchirants. Le premier jour a eu le goût unique de l'acclimatation forcée : il m'a fallu de longues heures pour réussir à gérer mes trois GPS, trouver des astuces pour payer moins cher, prendre le rythme du voyage, surveiller mes propres limites, anticiper mes heures d'arrivée (je suis quelqu'un de très ponctuel et je n'aime pas trop les imprévus), m'installer confortablement et profiter pleinement de la route. Il m'aura finalement fallu deux jours pour m'habituer à tout ça, ainsi qu'à la climatisation inexistante (grossière erreur qui m'a fatiguée beaucoup, donc un conseil : si vous faites un roadtrip de longue haleine en plein mois d'août, prenez un véhicule équipé pour ne pas vivre l'Enfer).


Brocéliande



Passons aux avantages d'un tel voyage.

 

Premièrement, le plaisir de l'hospitalité.

Voilà quelque chose qui s'est largement perdu et que j'ai été ravie de vivre auprès des miens tout au long du voyage. J'ai reçu une éducation qui place l'accueil et l'hospitalité au centre de tout. J'aime recevoir, j'aime visiter, j'aime partager le quotidien. J'ai fait ce roadtrip avant tout pour mes amis : je voulais profiter de leur présence, mieux comprendre leur vie actuelle, m'amuser auprès d'eux. J'ai adoré être conduite au restau ou ne manger presque rien parce qu'on n'avait pas faim ou rien à se mettre sous la dent. C'était l'aventure, j'ai mille anecdotes dans la tête et j'ai passé d'agréables moments avec tout le monde, chacun avec ses spécificités. Pour rien au monde je ne voudrais oublier tout ça : un roadtrip en solitaire qui n'en est pas vraiment un du coup. On m'a dit que j'étais courageuse de le faire. Je n'ai pas ressenti ça comme du courage, j'ai trouvé ça normal de le faire, car j'en avais besoin et que je savais qu'on m'accueillerait avec plaisir.  

What's up Coffee - Poitiers

Deuxièmement, la liberté d'aller et venir.

Le roadtrip en solitaire n'engage que moi. J'ai eu la liberté d'ajouter/d'enlever des escales, de faire des détours pour le paysage, d'arriver à l'heure que je voulais à peu près, de prendre le temps. Être seule est aussi moins contraignant pour les amis qui m'ont reçue, forcément ^^ Le faire en voiture n'est pas très écolo certes, mais on peut prendre des covoit' sur un trajet en plus d'aller n'importe où sans saouler nos hôtes les plus reculés de la civilisation. 

 

Troisièmement, le dépaysement et la nouveauté.

Personne ne sait ce qui vous attend le lendemain, au détour du chemin. J'ai été émerveillée par le dessin de certaines routes, le paysage et l'architecture de la plupart des lieux que j'ai visité. Alors oui, je ne pouvais pas vraiment le partager avec les gens que j'aime (difficile de rester connectée aux réseaux sociaux quand on conduit la barque, j'en mourrais pourtant d'envie) mais ça m'a enrichie quand même. J'ai besoin de m'installer quelque part, visiter la France de long en large m'a fait comprendre que n'importe quel endroit pourrait faire l'affaire, à condition d'avoir un coup de cœur.

Bruxelles

Quatrièmement, le repli sur soi 

J'avais besoin d'un moment à moi, et quoi de mieux que faire de la route pour réfléchir au sens de la vie ? Il n'y avait rien d'autre à faire que de conduire d'un point A à un point B, une tâche qui absorbe certes, mais qui permet quand même la prise de recul et la méditation. Moments que je ne m'accorde pas assez dans ma vie, "à cause" de mes nombreuses activités. J'ai beaucoup évolué pendant ce voyage, j'ai pris des décisions, revu mes positions sur certains sujets, pris le temps de penser à moi, mon passé, mon avenir tout en profitant de l'instant présent et en expérimentant des choses nouvelles lors de mes escales. C'était formateur. Épuisant mais nécessaire. Un peu risqué aussi (les accidents n'arrivent pas qu'aux autres). Aujourd'hui je peux dire que je me sens beaucoup mieux et que je suis fière de l'avoir fait. Dites-vous que mon point de vue sur le fait de ne pas vouloir être parent, par exemple, en a pris un sacré coup, c'est dire !


Si quelqu'un a des expériences de roadtrip en solitaire, je serais ravie de lire vos témoignages !
Merci de m'avoir lue, matelots.

N'oubliez pas de retourner voir les commentaires que vous me laissez, j'y réponds à chaque fois que je les vois !

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